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Calculer la marge réelle d’une intervention en garage

Beaucoup de garages connaissent leur chiffre d’affaires au centime près et leur marge à peu près pas. Voici comment la calculer intervention par intervention, sans tableur.

7 min

Un atelier peut tourner à plein, afficher un chiffre d’affaires en hausse, et gagner moins que l’année précédente. Le chiffre d’affaires dit combien d’argent est entré. Il ne dit rien de ce qu’il a fallu dépenser pour l’encaisser. C’est la marge qui répond à cette question, et elle se calcule intervention par intervention.

Deux marges, pas une

Une intervention mélange presque toujours deux natures de vente qui n’obéissent pas aux mêmes règles. Les additionner dans un seul chiffre revient à masquer celle qui va mal.

La marge sur les pièces

C’est la plus simple : prix de vente moins prix d’achat net. Le piège est de raisonner en coefficient moyen. Un coefficient de 1,4 appliqué partout masque les références achetées cher en urgence chez un fournisseur de dépannage, revendues au tarif habituel. Sur une intervention, ces quelques lignes suffisent à faire fondre la marge.

La marge sur la main d’œuvre

Celle-ci est la plus mal évaluée. Elle vaut le montant facturé moins le coût réel du temps passé, c’est-à-dire les heures réellement travaillées multipliées par le coût horaire du mécanicien. Ce coût horaire n’est pas son salaire net : il comprend les charges, et souvent une quote-part des frais d’atelier.

La productivité, le chiffre qui manque

La productivité d’un atelier se mesure en comparant les heures facturées aux heures réellement passées. Une productivité de 100 % signifie que vous avez vendu exactement le temps consommé. Au-dessus, vous allez plus vite que le barème. En dessous, chaque intervention vous coûte du temps non vendu.

Un exemple simple : trois interventions facturées 2 heures chacune, soit 6 heures vendues. Si l’atelier a passé 7 h 30 dessus, la productivité est de 80 %. Sur une semaine, ces 1 h 30 perdues représentent une journée de travail non facturée par mois.

Le cas des prestations au forfait

Une prestation de catalogue, un montage-équilibrage par exemple, porte un temps barémé dans sa fiche. Quand vous en facturez deux, vous ne vendez pas deux heures : vous vendez deux fois le barème. À 0,25 heure l’unité, cela fait une demi-heure de main d’œuvre, pas deux.

Ce détail change complètement le calcul de productivité. Un logiciel qui compte la quantité au lieu du barème affichera une productivité fantaisiste, et donc une marge main d’œuvre fausse.

Ce qu’il faut mettre en place

  • Renseigner le prix d’achat net de chaque référence, et pas seulement le prix de vente.
  • Renseigner un coût horaire par mécanicien, charges comprises.
  • Faire pointer le temps réellement passé sur chaque intervention, même approximativement. Un quart d’heure près suffit à voir les tendances.
  • Donner un temps barémé aux prestations du catalogue, pour que le temps vendu soit calculé et non deviné.
  • Regarder les chiffres par intervention, pas seulement le total du mois, pour identifier les types de travaux qui ne rapportent rien.

Automatiser le calcul

Fait à la main, ce calcul est juste mais intenable : personne ne tient un tableur à jour intervention par intervention pendant six mois. Motorix le fait automatiquement. Le mécanicien pointe son temps sur la fiche atelier, les coûts horaires sont renseignés une fois, et marge pièces, marge main d’œuvre et productivité s’affichent pour chaque intervention comme pour la période de votre choix.

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