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Quelle marge appliquer sur les pièces ?

Un coefficient 1,4 ne donne pas 40 % de marge. Cette confusion coûte plusieurs points de rentabilité à beaucoup d’ateliers, sans que personne ne s’en aperçoive.

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Les pièces représentent souvent plus de la moitié du chiffre d’affaires d’un garage, et une part encore plus grande de sa marge. C’est pourtant le poste le moins piloté : on applique un coefficient hérité, on ne revient jamais dessus, et on ne mesure presque jamais ce qu’il reste réellement.

Trois chiffres qu’on prend l’un pour l’autre

Le premier obstacle est du vocabulaire. Trois notions différentes circulent sous le mot « marge », et elles ne donnent pas le même résultat.

  • Le coefficient multiplicateur : ce par quoi vous multipliez votre prix d’achat. Un achat à 100 € revendu à 140 € correspond à un coefficient de 1,4.
  • Le taux de marge : la marge rapportée au prix d’achat. Ici 40 ÷ 100, soit 40 %.
  • Le taux de marque : la marge rapportée au prix de vente. Ici 40 ÷ 140, soit 28,6 %.

C’est le taux de marque qui compte, parce que c’est lui qui dit quelle part de votre chiffre d’affaires vous reste. Raisonner en coefficient 1,4 en croyant garder 40 % du chiffre d’affaires revient à surestimer sa rentabilité de plus de dix points.

Ce qui ronge la marge affichée

Le tarif public n’est pas votre prix d’achat

Beaucoup de garages calculent leur marge à partir du tarif catalogue du fournisseur, alors qu’ils achètent avec une remise. La marge réelle est meilleure qu’ils ne le croient — mais comme le raisonnement est faux, ils s’alignent parfois sur des prix de vente qui ne tiennent pas compte de leur véritable pouvoir d’achat.

Le port et les frais annexes

Une pièce commandée en urgence, livrée le jour même, coûte le prix de la pièce plus le transport. Si le port n’est pas répercuté, il sort directement de votre marge. Sur des pièces à faible valeur, un port de 12 € peut avaler l’intégralité du gain.

Le stock dormant et la casse

Une pièce commandée pour un client qui ne revient pas, une référence achetée en double, un élément abîmé au montage : tout cela est de la marge déjà encaissée sur d’autres interventions, et qui repart. Un atelier qui ne valorise jamais son stock dormant surestime durablement sa rentabilité.

La remise commerciale de fin de facture

Le geste commercial de 30 € accordé à la restitution du véhicule s’impute presque toujours sur la marge des pièces, jamais sur la main d’œuvre. Fait plusieurs fois par semaine, il change le résultat de l’année.

Faut-il un coefficient unique ?

Non, et c’est même contre-productif. Une pièce d’usure courante, dont le client connaît le prix parce qu’il l’a vu en ligne, ne supporte pas le même coefficient qu’une pièce spécifique qu’il ne peut pas comparer.

La logique habituelle est dégressive : un coefficient plus élevé sur les petites pièces et les consommables, où le montant en jeu est faible et la comparaison rare, et plus modéré sur les pièces coûteuses, où l’écart en euros devient visible et où le client arbitre.

Les consommables et les petites fournitures — nettoyants, joints, colliers, produits d’atelier — méritent un traitement à part. Beaucoup de garages les offrent par habitude alors qu’ils représentent, cumulés, plusieurs milliers d’euros par an.

La seule façon de savoir : enregistrer le prix d’achat

Tout ce qui précède reste théorique tant que le prix d’achat n’est pas saisi au moment de la facturation. Sans lui, un logiciel affichera une marge de 100 % sur chaque pièce, ce qui est flatteur et parfaitement inutile.

Motorix fige le prix d’achat sur la ligne au moment où la facture est établie. Le tarif fournisseur peut changer ensuite, la marge calculée sur les factures passées, elle, ne bouge plus : c’est la condition pour comparer deux mois entre eux et voir si une décision de tarif a produit un effet.

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